
L'étude Opinion Way Aldata fait le point sur le comportement des consommateurs. Pour compenser la hausse des prix, ces derniers envisagent de réduire davantage leur budget courses, allant jusqu’à mixer leurs achats dans plusieurs magasins à la recherche des meilleurs prix. 1 consommateur sur 3 apprécie les programmes de fidélité mis en place par les enseignes, mais la plupart jugent les opérations de promotion inadaptées, préférant une baisse de prix à des promotions groupées. Globalement, les réagencements de point de vente ne sont pas appréciés pour la perte de temps qu’ils occasionnent, et l’impression d’être poussés à la consommation. 7 consommateurs sur 10 estiment passer trop de temps en caisse et 75 % sont agacés par les ruptures de stock. Vis-à-vis du concept de drive, les 55 ans et plus sont largement réfractaires, tandis que les 18-34 ans sont plus mitigés. Enfin, si 85 % des personnes interrogées sont sensibles au thème du développement durable, ils ne sont que 15% à choisir leur commerce en fonction de ce critère.

Jean Viard, sociologue et directeur de recherche au CNRS, a publié un essai sur les extra-urbains. Il les définit comme des personnes qui ont fait le choix de quitter la ville comme lieu résidentiel, pour s’installer à la campagne. Cette tendance nouvelle se développe ; sur 27 millions de logements en France, on compte plus de 15 millions de maisons individuelles, dont 89 % avec jardin. La France n’est pas pour autant en train de se désurbaniser. C’est au contraire une nouvelle forme d’urbanisation du territoire qui voit le jour, avec une certaine osmose entre ville et campagne. Les extra-urbains sont animés par le désir de revenir à l’essentiel, à la recherche d’une meilleure qualité de vie. Surtout, ce phénomène est une forme de réponse au tourbillon dans lequel notre société est prise. L’homme n’a jamais eu autant de temps libre et, paradoxalement, n’a jamais eu l’impression d’en avoir si peu. La mobilité s’accroît, les distances sont moins aliénantes (TGV, TER…) et une forme de virtualité complète ce tableau avec l’usage d’Internet.
Aujourd’hui, ville et campagne de s’opposent plus et leurs différences s’estompent. Les extra-urbains ont réinventé la ville à la campagne, avec des références communes (crèche, supermarché…). Dans ce nouveau schéma, les villes souhaitent conserver leur pouvoir d’attraction, notamment en développant des commerces dans les lieux de transit (aéroport, gare). Les professionnels du marketing devront désormais intégrer les extra-urbains sous toutes leurs facettes.
Source : marketing magazine n° 158 – 01/05/2012
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