Face à un consommateur pressé, l’hypermarché incarne de plus en plus les courses « corvées ». La livraison à domicile n’a pas révolutionné le secteur alimentaire, mais, en revanche, le concept du drive attire de plus en plus de consommateurs.
Le principe du drive est celui d’un magasin-entrepôt où l’on charge ses courses dans le coffre de sa voiture après les avoir commandées sur Internet, sans surcoût pour le client. Aujourd’hui, les ouvertures se multiplient tous azimuts, conférant au drive le statut de nouveau moteur de croissance de la distribution alimentaire.
Lancé en France il y a plus de dix ans par Auchan, le drive est en plein essor depuis seulement deux ans. Début octobre 2011, on dénombrait en France entre 650 et 750 drives, dont une centaine d’entrepôts bâtis depuis le début de l’année.
Cette nouvelle offre a séduit 3,3 % des ménages entre juin 2010 et juin 2011. Les prévisions sont plus qu’optimistes. Le marché du drive, qui a rapporté entre 1 et 1,5 milliard d’euros en 2010, pourrait s’élever à 4 milliards dès 2015 selon le cabinet Kurt Salmon. Une extrapolation de Kantar évalue à 20% d’ici dix ans (contre 1,2% l’an dernier), la part des ventes de produits de grande consommation qui pourrait être réalisée par les courses à distance (drive + e-commerce + livraison à domicile), avec une part essentielle pour le drive.
L’explosion du drive, même s’il s’agit encore d’un marché embryonnaire, peut avoir un impact majeur sur l’avenir du rayon presse dans l’hypermarché traditionnel. Aujourd’hui 21,7% du chiffre d’affaires MLP est réalisé en GSA.
Une première hypothèse pessimiste part du principe que l’achat de presse ne serait pas reporté sur le ticket drive car la presse ne fait pas partie des références proposées. La baisse de la fréquentation en hypermarché impacterait ici directement les ventes du rayon presse. La convergence drive / presse n’existe pas car le drive concerne majoritairement des produits de première nécessité, alors que la presse est un achat d’impulsion. Dans ce cas, le client du drive reportera-t-il ses achats presse chez son diffuseur de proximité ?
On peut également imaginer que les magasins traditionnels, Internet et le drive se complètent parfaitement. Les rayons des hypermarchés se retrouveraient allégés des produits volumineux et récurrents pour laisser une belle place aux services et à l’animation. On retrouverait la notion d’achat plaisir et d’impulsion dans les grands magasins, où le rayon presse conserverait toute sa place.
D’autres opportunités pourraient s’offrir au produit presse. E. Leclerc prévoit un site dédié aux produits culturels pour le 3ème trimestre 2012, dans lequel la presse pourrait être intégrée. On peut également spéculer sur des synergies permettant au consommateur de combiner achats de nécessité et achats plaisir… un modèle dans lequel le point de vente presse traditionnel aurait toute sa place.
Le drive, une affaire à suivre…
Sources :
Le Dossier
Un merchandising presse désormais incontournable
Réseau
Presse et drive : quel avenir ?
Focus
Formation TVA
Export
Madagascar : développer le tourisme
Tendances conso
Un tour d'horizon
© MLP, Tous droits réservés